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Plougastel-Daoulas

La devise de Plougastel « Sur terre et sur mer » – War zouar ha war vor – affirme le positionnement géographique de cette presqu’île du bout du monde, ouverte sur la Rade de Brest et encadrée par les rivières de l’Elorn et de Daoulas. Au fil des siècles, ses habitants ont su tirer profit de cette situation en exploitant les richesses maritimes et agricoles du territoire. Pas étonnant donc de retrouver dans la désormais célèbre cité de la fraise l’un des 7 calvaires monumentaux de Bretagne.

L’environnement
Le calvaire est aujourd’hui l’ultime vestige d’un ensemble paroissial qui fut détruit par les bombardements alliés les 23 et 24 août 1944. L’église actuelle, construite en 1870 par l’architecte diocésain Le Bigot pour remplacer l’église du XVIIème siècle, eut elle aussi à subir les dommages de la guerre et dut être restaurée. De fait, le panorama actuel présente un espace de cohabitation urbaine où les reconstructions modernes accordent une place dédiée à la préservation d’une œuvre artistique de premier ordre.

L’histoire
L’édification de ce monument, au début du XVIIème siècle, est liée à l’épidémie de peste de 1598 qui décima près d’un tiers de la population de la presqu’île. Une légende précise que ce monument est le résultat d’un vœu formé par le seigneur de Kereraod qui promit d’établir un somptueux calvaire s’il était le dernier à être victime de la terrible maladie. Quoiqu’il en soit, l’ouvrage sortit de terre entre 1602 et 1604 comme le confirment des inscriptions gravées sur le monument. D’importants dégâts furent causés au calvaire durant la 2nde Guerre Mondiale. Son sauvetage est à porter au crédit du soldat John Davis Skilton, conservateur du musée de Washington dans le civil, qui entreprit de participer aux opérations de conservation et de restauration de l’œuvre.

L’architecture et la sculpture
Près de vingt ans plus tard, le Maître de Plougastel choisit de reprendre une disposition déjà bien connue à Guimiliau. Seules les 3 croix présentes à Plougastel viennent chahuter les similitudes évidentes de ces deux monuments.
L’esthétisme des sculptures se spécifie par l’emploi des pierres de Logonna et de Kersanton extraites à proximité. Il en résulte un contraste harmonieux d’où se détachent des statues figées dans un hiératisme solennel.

Des scènes remarquables
Saint Roch et Saint Sébastien sont invoqués contre la peste. Leur présence confirme la crainte des commanditaires de voir ressurgir une épidémie.
Le groupe de Véronique a été retenu par André Malraux dans « Le musée imaginaire de la Sculpture mondiale ».
Le mariage de Marie et Joseph fait partie des groupes sculptés représentés uniquement sur l’un des calvaires monumentaux de Bretagne.
Katell Golet, autre point commun avec Guimiliau, est attirée dans la gueule de l’Enfer.