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Quand les calvaires étaient peints…

Il existe en Bretagne plus de 3 000 croix et calvaires ancrés dans le paysage, datant pour certains de plus de 400 ans. La plupart de ces édifices étaient à l’époque colorisés, comme l’ont attesté plusieurs historiens. Aujourd’hui encore, il est possible de voir dans certaines églises des statues peintes, anciennement apposées sur des calvaires en extérieur, témoignage d’une polychromie existant à l’époque. Des traces de polychromie ont même été décelées sur le calvaire monumental de Guéhenno…

Le projet « Quand les calvaires étaient peints… », dans la continuité de « Quand les calvaires s’illuminent… » – spectacles polychromiques sur les sept calvaires monumentaux – redonnera aux croix et petits calvaires bretons leurs couleurs d’antan, en partenariat avec la DRAC Bretagne, le Conseil régional de Bretagne, le Conseil départemental du Finistère et la Fondation Pays de France du Crédit Agricole. L’objectif ici est de peindre directement sur ces monuments, afin de donner une vision plus réaliste et plus pérenne de l’aspect d’origine de ces œuvres.

En 2017, une étude a été commandée par l’Association des 7 calvaires monumentaux de Bretagne et conduite par l’Atelier régional de restauration (Morbihan), en lien avec la Direction Régional des Affaires Culturelles de Bretagne. Cette étude scientifique a permis de mettre en lumière les techniques et matériaux utilisés à l’époque pour peindre ces œuvres. En étudiant des échantillons de polychromie prélevés sur le porche de l’enclos paroissial de Guimiliau et sur des statues de l’église de Logonna-Daoulas, l’Atelier régional a conclu qu’une couche préparatoire ocre rouge ou jaune était généralement appliquée avant les couleurs de décor, pour permettre l’accroche des peintures. Ensuite, étaient utilisées des couleurs telles que le vert, l’ocre, le rouge, etc.

La commune de Plougastel, riche d’un patrimoine composé notamment de 27 croix et petits calvaires, a été retenue pour accueillir le lancement du projet « Quand les calvaires étaient peints… ». Selon des critères d’accessibilité et de visibilité, deux croix ont été repeintes – la croix du Cimetière et la croix de Kertanguy – et une troisième le sera prochainement, celle de Kroas Kervern.

En 2019, ce sera au tour d’une des sept communes de l’Association des 7 calvaires d’accueillir le projet « Quand les calvaires étaient peints... » et de repeindre une ou plusieurs croix. L’objectif est que dans les années à venir, d’autres croix et petits calvaires retrouvent leurs couleurs d’antan sur le territoire breton.

L’entreprise Arthema Restauration, spécialisée notamment dans la conservation et la restauration du patrimoine religieux, s’est attachée à redonner leurs couleurs à chacune des croix, dans le respect des techniques et matériaux utilisés à l’époque. Cette mise en peinture a été réalisée à titre expérimental, avec trois techniques différentes. Ainsi, les trois techniques pourront être analysées et comparées selon leur évolution dans le temps. Enfin, afin de garantir la réversibilité de la peinture, un film de protection a été apposé avant toute opération sur les trois croix.

Le calvaire du Cimetière
Le plus important des trois calvaires peints a été traité avec les techniques d’origine mises au point après des analyses scientifiques réalisées sur des éléments de période similaire. Le calvaire comporte également des dorures sur certains éléments de vêtements, comme c’était le cas à l’époque. Pour la mise en peinture, les peintres ont utilisé de l’huile de lin.

 

La croix de Kertanguy 
Elle a été traitée avec une technique historique, utilisée sur la pierre et connue depuis le Moyen-Âge. Le liant est composé de caséate de chaux.

 

La croix de Kroas Kervern
Elle sera peinte avec une technique plus moderne en utilisant du silicate de potassium (peinture minérale), tout en conservant l’aspect visuel obtenu avec la technique d’origine.

 

Maîtrise d’ouvrage : Association des 7 calvaires monumentaux de Bretagne – Dominique CAP
Maître d’œuvre : Arthema Restauration – Ludovic LOREAU

 

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